Trois questions à la Directrice d’Air France en Haïti

L’Ambassade poursuit sa série d’entretiens avec les responsables d’entreprises françaises qui participent au développement économique d’Haïti et donne aujourd’hui la parole à Isabelle le Maréchal, Directrice d’Air France en Haïti.

1) En quoi Haïti reste-t-elle une destination chère à Air France ?

Haïti et Air France, ce sont des liaisons régulières à disposition d’une forte communauté haïtienne vivant dans nos départements d’Outremer ou en Métropole mais aussi la prise en compte de la proximité géographique avec la Floride en proposant aux Haïtiens la desserte de Miami. Même si les premières liaisons aériennes avaient débuté dès 1947, 2017 marquera les 50 ans de présence continue d’Air France en Haïti. C’est en effet en 1967 que ses premières Caravelles ont commencé à se poser sans interruption dans le pays, suivies des B727, des B737 et aujourd’hui des A320. Les fréquences de desserte de Port au Prince n’ont cessé de s’accroitre. Depuis la mise en ligne d’un second A320 sur le Réseau Régional Caraïbes fin 2007, l’offre des vols a doublé pour passer à 14 vols hebdomadaires : un vol quotidien de et vers Miami et un vol quotidien de et vers Pointe-à-Pitre. Même en période basse d’activité, les clients disposent de 10 vols par semaine. Cette histoire démontre le profond attachement d’Air France au service aérien de et vers Haïti et ce, malgré les épreuves qui ont meurtri le pays. Suite au séisme de 2010, Air France a mobilisé tous ses moyens pour venir en aide au pays : évacuation de blessés, acheminement de biens de première nécessité etc. Dès le 19 février 2010, soit seulement 4 semaines après le séisme, Air France était l’une des 2 seules compagnies à reprendre ses vols de et vers Haïti.

2) Pouvez-nous en dire plus sur la responsabilité sociale d’Air France en Haïti et son activité en termes de mécénat ?

Une grande entreprise vaut également par son engagement dans le milieu où elle évolue. La Fondation Air France apporte son soutien à des projets d’aide aux enfants en grande difficulté dans les pays où la compagnie est présente. Elle a réalisé diverses actions en Haïti, notamment avec « Fraternité Universelle » et « Médecins du Monde ». En 2011, nous avons aidé à la reconstruction d’une école de Martissant, détruite par le séisme. Plus récemment, en 2015, nous avons retenu le projet « Tet Kole » qui finance l’achat de panneaux solaires pour une autre école à Carrefour. Localement, nous répondons à des demandes de soutien, telles que les levées de fonds de la Chambre Franco-Haïtienne de Commerce et d’Industrie au profit des handicapés, celles du Rotary Club ou du Groupe de Support contre le Cancer. En décembre 2015, plus de 60 œuvres d’artistes de renommée internationale ont été mises aux enchères à Paris en partenariat avec le Secours Populaire et l’Institut d’Etudes Supérieures des Arts. Les fonds dégagés sont destinés à un établissement scolaire de Jacmel. Nous soutenons, par ailleurs, la culture sous toutes ses formes : festival de Jazz de Port-au-Prince, Salon « Goût et Saveurs Lakay », etc. Nous avons également conclu des partenariats avec des musiciens de renom : Emeline Michel, BelO, James Germain ou encore Beethova Obas. Enfin, nous sommes engagés aux côtés du Ministère du Tourisme pour soutenir la promotion internationale de la destination Haïti.

3) Auriez-vous des conseils à donner à une entreprise souhaitant s’implanter en Haïti ?

Comme tout pays, Haïti a ses particularités et ses spécificités. Avant de s’y implanter, il faut s’y préparer. La difficulté en Haïti réside dans le fait que la compilation des lois et donc des obligations faites aux entreprises reste difficile à cerner car les administrations manquent de moyens. L’information et la communication peuvent donc en souffrir. Et il s’avère indispensable de s’appuyer sur les chambres de commerce, voire d’engager des partenariats locaux afin de profiter de leurs expériences et gagner du temps au quotidien. Ceci étant, après cinq années passées « au pays des contrastes », la plupart des dossiers qui me paraissaient insurmontables ont pu être soldés. Il faut apprendre une autre temporalité et s’armer de patience. C’est à nous de nous adapter. Au quotidien, ma plus grande satisfaction est de travailler avec des équipes qui ont une incommensurable soif de connaissances et dont les facultés d’assimilation des nouveautés dépassent largement ce que nous pouvons connaitre aujourd’hui en Europe.

Nos précédents entretiens

publié le 10/08/2016

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