Prix de Droits de l’Homme 2016

Présentation

Chaque année la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) distingue 5 associations, et remet 5 mentions spéciales. Depuis la création du Prix, en 1988, plus de 170 associations ont été recompensées, actrices de la défense des droits de l’homme dans leur pays. En presque 30 ans, des associations du monde entier ont reçu le prestigieux prix.

Pour cette édition 2016, la CNCDH propose deux thèmes :

  • Défense et protection des personnes migrantes
  • Représentation et défense des droits des personnes handicapées

Défense et protection des personnes migrantes

Les personnes migrantes représentent 3,2% de la population mondiale, ce chiffre prend aussi bien en compte les réfugiés qui fuient des persécutions ou craintes de persécutions, que les déplacés environnementaux, ou encore ceux qui quittent leur pays à la recherche d’un travail. Ce pourcentage est certes globalement stable depuis des années, mais les facteurs de ces mobilités, contraintes ou choisies, sont plus complexes et les pays de destination plus diversifiés. Toutes les régions du monde et toutes les catégories de population sont aujourd’hui concernées.

Malgré cette diversification des mouvements migratoires, et le fait que la mobilité humaine représente une donnée incontournable de notre monde globalisé, les pays du Nord restent obsédés par la crainte « d’invasion » de migrants pauvres en provenance du Sud. En conséquence, la vulnérabilité intrinsèque des personnes migrantes s’aggrave avec le renforcement toujours croissant des politiques sécuritaires de contrôle des migrations. L’Europe renforce toujours plus l’étanchéité de ses frontières extérieures, obligeant les exilés à prendre des routes toujours plus dangereuses qui les mènent trop souvent à la mort, ou dans des camps, dans lesquels ils sont confrontés à des conditions de vie inhumaines.

Et pourtant, le volume des migrations entre pays du Sud est aujourd’hui égal, voire légèrement supérieur, à celui des migrations du Sud vers le Nord. De nombreux pays du Sud, et plus particulièrement les économies émergentes, ne sont plus uniquement des pays d’origine mais aussi des pays de transit et de destination. Ce nouveau schéma de migration intra régionale est une source de difficultés. Les pays d’accueil et de transit sont souvent dans l’incapacité d’offrir des services appropriés, notamment dans le domaine de la santé et de l’éducation, et donc de protéger les droits des personnes migrantes.

Peuvent faire l’objet d’une candidature les projets d’accompagnement ou de soutien aux personnes migrantes visant à assurer la défense et la protection de leurs droits. Les projets récompensés pourront porter sur des actions innovantes et concrètes cherchant à apporter des solutions concrètes aux problèmes des personnes migrantes. Les projets peuvent également porter sur des actions visant à mieux documenter les violations des droits humains des personnes migrantes tout au long de leur parcours migratoire et à inciter les autorités nationales à réformer leurs législations et leurs politiques par des actions de plaidoyer.

Représentation et défense des droits des personnes handicapées

Les personnes vivant avec un handicap comptent trop souvent parmi les plus marginalisées et rencontrent des difficultés uniques et singulières dans la jouissance de leurs droits fondamentaux. Longtemps, on a supposé que ces difficultés découlaient naturellement et immanquablement de leur déficience physique, mentale, intellectuelle ou sensorielle. En 2006, l’entrée en vigueur de la Convention relative aux droits des personnes handicapées marque un changement radical dans les approches existantes du handicap, et invite à passer d’une approche médicale à une approche sociétale. Dans la Convention, l’accent n’est plus mis sur ce qui est perçu comme une anomalie de la personne, la déficience étant considérée comme une défaillance ou une maladie. Bien au contraire, la Convention aborde le handicap sous l’angle d’une « pathologie de la société », autrement dit comme le résultat de l’incapacité de la société à accueillir les différences de la personne et à être pleinement inclusive. Ce sont les sociétés qu’il faut faire évoluer, non pas la personne, et la Convention propose une véritable feuille de route pour ce changement.

Peuvent faire l’objet d’une candidature les projets d’accompagnement ou de soutien à l’effectivité des droits des personnes handicapées, des projets visant à assurer la défense et la protection de ces droits, et des projets visant à permettre aux personnes de participer pleinement à la vie de la Cité. Les projets récompensés pourront porter sur des actions innovantes et concrètes cherchant à apporter des solutions concrètes aux problèmes des personnes handicapées. Les projets peuvent également porter sur des actions de formation sur la Convention visant à inciter les autorités nationales à réformer leurs législations et leurs politiques en mettant en œuvre les dispositions de la Convention.

Dossier de candidature

Les dossiers de candidature devront être adressés à la CNCDH pour le 30 septembre 2016.

publié le 10/08/2016

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