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Politique intérieure

Arrivé en 1492, Christophe Colomb baptisa l’île Española (« l’Espagnole ») que les cartographes confondront en Hispaniola (« Petite Espagne »). A l’époque coloniale, les cultures vivrières font place à celles intéressant l’empire, notamment la canne à sucre. En dépit des efforts espagnols pour repousser les Français, ceux-ci finissent par occuper la partie ouest de l’île, qui devient alors la colonie de Saint-Domingue en 1697 (la future Haïti). Après une révolte des esclaves contre leurs maîtres menée par Toussaint Louverture à la fin du XVIIIème siècle, l’île proclame son indépendance le 1er janvier 1804 et la colonie de Saint-Domingue devient officiellement Haïti, la première république noire libre.

Après la proclamation de l’indépendance, l’histoire d’Haïti a été celle d’un pays en crise politique quasi-permanente et d’une succession de régimes issus de coups d’Etat, de dictatures, entrecoupée de quelques alternances démocratiques et d’occupations étrangères. En deux siècles, le pays a connu :
- 22 constitutions (l’actuelle a été adoptée en 1987 après la chute de Jean-Claude DUVALIER) ;
- 38 Présidents de la République dont 6 seulement ont terminé leur mandat.

Institutions :

Elles sont définies par la Constitution de 1987, qui pourrait être substantiellement amendée en 2010.

M. René PREVAL a été élu Président de la République le 7 février 2006. Le Président est élu pour 5 ans au suffrage universel direct. Il ne peut pas exercer deux mandats consécutifs ni en briguer un troisième. Il choisit le Premier Ministre. Le gouvernement est responsable devant le Parlement.

Le système haïtien est bicaméral : le Parlement est composé d’une Chambre des Députés (99 membres, élus au suffrage universel direct pour 4 ans) et d’un Sénat (30 sénateurs, élus au suffrage direct pour 6 ans, renouvellement par tiers tous les deux ans). Avant les élections de 2006, le Parlement n’avait plus d’existence matérielle depuis sa dissolution de facto, les élections n’ayant pas été organisées à l’issue de la législature en 1999.

Actualité politique :

Les élections de février 2006 ont marqué le retour d’Haïti sur la voie de la démocratie, après une crise qui avait duré plusieurs années.

Le premier tour des élections présidentielles et parlementaires s’est déroulé le 7 février 2006 dans des conditions globalement satisfaisantes. La participation de la population (63 % de votants) a été massive. La victoire de René PREVAL avec 51,15 % des voix a été proclamée le 16 février par le Conseil Electoral Provisoire. Le second tour des élections législatives et sénatoriales, initialement prévu le 19 mars, s’est déroulé le 21 avril.

La cérémonie d’investiture de M.PREVAL a eu lieu le 14 mai 2006. Le ministre des Affaires étrangères, M. Philippe DOUSTE-BLAZY, y représentait le gouvernement français. M. Jacques Edouard ALEXIS, désigné par le président en tant que Premier Ministre, a présenté le 6 juin un gouvernement de coalition et d’ouverture après de longues consultations, le parti de l’Espwa de M.PREVAL ne disposant pas d’une majorité au Parlement.

Le processus électoral a été complété par la tenue des élections locales qui se sont déroulées le 3 décembre 2006 avec un taux de participation d’environ 30%. Elles ont permis d’amorcer le processus de décentralisation avec l’élection de plus de 8 000 représentants locaux.

Le renchérissement du prix des matières premières, à partir de 2007, a provoqué une nouvelle crise politique qui a connu son apogée avec des "émeutes de la faim" dans plusieurs grandes villes du pays en avril 2008. Censuré par le Parlement, le gouvernement ALEXIS a dû démissionner après ces événements.

Un accord politique n’avait pas encore été trouvé pour le remplacer lorsque quatre ouragans ont frappé Haïti coup sur coup entre la mi-août et début septembre 2009, faisant près d’un millier de morts et de considérables dégâts matériels. C’est donc dans l’urgence que Mme Michèle DUVIVIER PIERRE-LOUIS a été invitée par le Président PREVAL à prendre la tête d’un nouveau gouvernement.

Les élections sénatoriales partielles du printemps 2009 se sont tenues dans un contexte marqué par une faible participation (à peine 11 %) et quelques troubles dans une minorité de départements.

Les prochaines élections (sénatoriales partielles et législatives) devraient se tenir au cours du premier semestre 2010. L’élection présidentielle se tiendra à l’automne 2010.

Situation sécuritaire :

A la suite du départ du Président ARISTIDE en février 2004, la communauté internationale est intervenue, autorisée par une résolution (S/12004/164) du Conseil de Sécurité de l’ONU, à déployer immédiatement en Haïti une Force Multinationale Intérimaire (FMI) pour une période de trois mois au maximum (Etats-Unis, Canada, France).

En juin 2004 (Résolution 1542), la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) a succédé à la FMI. Les effectifs autorisés sont de 7200 hommes pour la composante militaire et 1951 hommes pour la composante civile. La France y participe à hauteur de 2 officiers d’état-major et de 64 gendarmes et policiers. Le mandat de la MINUSTAH est renouvelé chaque année par le Conseil de Sécurité.

La relative accalmie des derniers mois ayant précédé et suivi les élections avait fait place, notamment fin 2006, à une recrudescence de l’insécurité (nombre d’enlèvements comparable à la moyenne mensuelle de 2005 alors que ce nombre avait singulièrement baissé après la proclamation du résultat de l’élection présidentielle). Les actes de violences quotidiens touchaient plus particulièrement la capitale, où des bandes armées peuvent opérer avec une grande liberté. Cette insécurité n’épargnait pas les étrangers.

La situation sécuritaire s’est améliorée sensiblement à partir des premiers mois de 2007, puis de façon spectaculaire à compter de l’automne 2008, notamment grâce au renforcement de la Police nationale haïtienne (dont les effectifs dépassent désormais les 10 000 hommes) et aux interventions de la MINUSTAH contre les gangs dans les zones sensibles de la capitale. Le nombre d’enlèvements, notamment, est en chute libre - même si ces crimes restent encore trop fréquents dans ce pays.

Mise à jour : septembre 2009

Voir aussi

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