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Conférence de coopération régionale Antilles Guyane : discours de clôture d’Henri de Raincourt (Fort-de-France 5 novembre 2011)

La conférence de coopération régionale pour la zone Antilles-Guyane s’est tenue le samedi 5 novembre à Fort-de France, à l’hôtel Batelière.

Discours de clôture d’Henri de Raincourt :

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Messieurs les Présidents des Conseils régionaux,

Madame la Présidente du Conseil général,

Messieurs les Préfets,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs,

Le moment est venu de conclure cette conférence, et je crois que nous serons tous d’accord pour reconnaître que cette journée était particulièrement riche et qu’elle a permis des échanges très fructueux.

Je vais donc formuler une première proposition, qui j’espère sera suivie d’effet, qui est que cette conférence se tienne désormais effectivement chaque année, et qu’elle devienne un rendez-vous incontournable pour les acteurs engagés dans le développement et l’épanouissement au plan régional de nos collectivités d’Outre-mer de la zone Antilles-Guyane.

L’objet de cette conférence était d’être un forum qui associe le plus largement possible tous les intervenants concernés, l’État, les collectivités, les entreprises, la société civile, et que soient prises en compte à chaque fois la dimension nationale, européenne et internationale des sujets de coopération régionale.

Mais nous avons souhaité, avec Marie-Luce Penchard, que cette conférence soit aussi l’occasion de parvenir à des résultats concrets et opérationnels sur chacun des sujets qui figuraient à l’ordre du jour. À l’issue de cette journée, je pense que l’on peut dire que cet objectif a été rempli. Je ne vais pas reprendre l’ensemble des annonces qui ont été faites dans chacun des ateliers, mais je souhaite mettre en lumière certains résultats marquants de cette conférence.

En matière de sécurité, la journée d’hier a été l’occasion d’échanges très fructueux, dirigés par le préfet Labbe. J’en retiens des avancées dans trois directions : la recherche d’accords bilatéraux avec les pays voisins afin de faciliter l’entraide judiciaire et mieux lutter contre la criminalité internationale et les trafics ; l’engagement de la France d’apporter une réponse aux demandes de formation des pays de la zone en matière de lutte contre les narco-trafics, de surveillance maritime, et de coopération douanière ; enfin des échanges renforcés avec les services de protection civile de la région, pour mieux assurer une réponse coordonnée aux catastrophes naturelles.

En matière de coopération éducative et universitaire, je souhaite souligner toute l’importance de la création du conseil régional de coopération éducative, dont le principe a été adopté et dont la convention sera signée dans les prochains jours. Ce cadre va permettre aux académies des trois départements français des Amériques, la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane, de mieux mutualiser leurs efforts et de mieux partager leurs informations afin de renforcer l’offre éducative de la France dans la région, en lui donnant plus de cohérence et plus de visibilité.

Dans le cadre régional, la réputation d’excellence des établissements français, écoles, lycées et universités, doit être maintenue et sans cesse renforcée. C’est l’un de nos plus précieux atouts dans la compétition internationale, et c’est un instrument sans pareil pour assurer le rayonnement culturel et l’attractivité économique des collectivités françaises dans la région.

S’agissant du développement économique, c’est un sujet essentiel pour le gouvernement : les ultramarins doivent avoir accès aux plus vastes possibilités pour faire valoir leurs talents et exercer leur esprit d’entreprise. C’est dans ce contexte que l’Agence française de développement a présenté sa nouvelle stratégie de coopération régionale ultramarine, qui figurait dans les objectifs du Comité interministériel de l’Outre-mer. L’AFD va maintenant associer les acteurs locaux et les collectivités d’Outre-mer dans la déclinaison géographique de cette stratégie, à travers des groupes de travail qui se réuniront d’ici la fin de l’année.

Je souhaite qu’un point d’étape de la mise en place de cette stratégie soit fait au cours du premier trimestre 2012, dès janvier si possible, et je serais heureux de présider à Paris cette réunion en compagnie de Marie-Luce Penchard.

C’est la priorité que nous accordons à la croissance économique qui a aussi conduit à la création du réseau d’alerte et de soutien de nos entreprises dans la zone Caraïbe, qui associe nos ambassades, les missions économiques, UBIFRANCE, les chambres de commerce et d’industrie et bien sûr les commissaires au développement endogène. Un tel dispositif doit permettre de mieux exploiter les débouchés que s’offrent à nous dans les pays voisins.

Le temps est fini où l’on pouvait opposer notre effort de solidarité et nos intérêts économiques. Ici comme ailleurs, les pays en développement représentent un réservoir de croissance pour nos économies, nos entreprises, nos travailleurs. Leur développement aujourd’hui, ce sont nos emplois de demain. Encore faut-il que nos entrepreneurs soient accompagnés et soutenus par les pouvoirs publics, et je crois que le dispositif adopté aujourd’hui y contribuera fortement.

Tout aussi important pour le développement économique de nos collectivités ultramarines est la question du développement durable. Face au changement climatique, les écosystèmes insulaires sont plus fragiles, et les délicats équilibres naturels ne connaissent pas de frontières administratives. C’est pourquoi la coopération régionale est une ardente nécessité. Et comment ne pas voir que la préservation de la biodiversité, qui contribue tellement à la beauté des paysages, est un atout essentiel pour le développement de l’industrie touristique. Le tourisme dans la région se voudra en effet de plus en plus respectueux de l’environnement, et cette activité continuera de représenter un gisement très important d’emplois pour nos concitoyens ultramarins.

C’est dans ce contexte que la France a décidé d’annoncer son adhésion au « corridor biologique caribéen », projet auquel participent Haïti, la République dominicaine et Cuba, avec le concours des Nations unies et de l’Union européenne. Ce projet permettra notamment de mener des actions de reforestation et de préserver les écosystèmes menacés par le changement climatique, et fera appel aux compétences et à l’expertise des départements français d’Amérique.

Cette insertion plus étroite des collectivités ultramarines dans leur environnement régional doit aussi comprendre un volet institutionnel. L’État soutiendra les demandes d’adhésion des collectivités aux organisations régionales, et nous sommes disponibles pour discuter ensemble des procédures à engager. Je souhaite également que nous répondions à la demande, que j’ai bien entendue, d’une collaboration plus étroite entre le réseau diplomatique et les départements français d’Amérique. A cette fin, un conseil d’orientation stratégique sera créé qui rassemblera tous les acteurs concernés et se réunira chaque année en marge de la conférence des ambassadeurs, afin d’arrêter les grandes lignes de la coopération régionale.

Enfin, je souhaite que notre réseau diplomatique puisse accueillir des agents de nos départements d’Outre-mer. Le projet de convention qui le permet a été présenté lors des ateliers. Une trentaine de postes ont été identifiés par nos ambassades qui pourraient être pourvus très utilement par des agents des collectivités ou des jeunes volontaires.

Mesdames et Messieurs,

Cette conférence de coopération régionale n’est qu’une étape, mais c’est une étape fondatrice. Elle témoigne de l’extraordinaire mobilisation des compétences et des talents de toute nature qui sont la richesse de nos collectivités ultramarines. Elle a abordé une large palette de thèmes tous essentiels, allant de la sécurité à l’environnement, de l’éducation au commerce. Mais je voudrais que vous soyez convaincus que pour le gouvernement, le développement de la coopération régionale dans toutes ses dimensions représente une opportunité à ne pas manquer pour nos collectivités de la région Antilles-Guyane. Car aujourd’hui, l’international contribue puissamment à la croissance et à l’emploi au sein de nos économies. Les projets qui ont été adoptés aujourd’hui contribuent au rayonnement de notre pays. Mais ils doivent aussi contribuer à améliorer les conditions de vie de nos compatriotes d’Outre-mer, qui doivent toucher les fruits économiques de ces partenariats avec les États de la région.

Alors que d’aucuns se font les chantres d’une dé-mondialisation étriquée et passéiste, pensant que la France peut rester claquemurée dans ses frontières et dans ses certitudes, j’ai la conviction que notre avenir, la défense de nos valeurs et la préservation de notre croissance économique passe par l’ouverture au monde et la compréhension des autres. C’est l’esprit même de la Caraïbe, qui démontre depuis tant d’années les vertus du métissage et de la tolérance.

C’est pourquoi je suis sûr que tous les acteurs présents à cette conférence se mobiliseront ensemble, pour assurer le succès des projets qui ont été discutés et décidés dans un esprit de dialogue. J’ai eu un grand plaisir à être parmi vous aujourd’hui, et, en saluant à nouveau l’action de Marie-Luce Penchard qui s’est tellement impliquée pour le succès de cette conférence, je vous dis à bientôt.

Je vous remercie./.


publié le 18 avril 2012

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