Le 1er médaillé afro-caribéen aux JO était franco-haïtien

Les Jeux Olympiques de Rio débutent aujourd’hui. Mais saviez-vous que le premier afro-caribéen médaillé aux JO était franco-haïtien ? Retour sur le parcours exceptionnel de Constantin Henriquez, l’une des grandes figures de l’histoire du sport.

Le Franco-Haïtien Henriquez de Zubiera a connu une carrière sportive exceptionnelle dans l’Hexagone, avant de s’engager dans la vie politique de son pays natal. Arrivé en France en 1893 sur le paquebot La Bretagne, en provenance de Port-de-Paix, il s’inscrit au collège Albert-le-Grand d’Arcueil. Henriquez de Zubiera entamera ensuite de brillantes études de médecine. En parallèle de sa scolarité, très sportif, il s’adonne au rugby, ou plutôt au « football-rugby », comme on appelle alors la discipline. Henriquez de Zubiera rêve de participer, comme certains de ses camarades d’Albert-le-Grand ont pu le faire, aux premiers Jeux olympiques modernes, à Athènes, organisés en 1896 à l’initiative de Pierre de Coubertin, mais ne parvient pas à être qualifié.

Devenu professionnel, il joue dans les plus grands clubs, le plus souvent au poste de 3e ligne, au trois-quarts aile ou bien au trois-quarts centre. Il décroche alors de nombreux titres, celui de vice-champion en 1895 avec l’Olympique de Paris et, six ans plus tard, celui de champion avec le Stade français. On le retrouve dans l’équipe de France de rugby pour la deuxième édition des Jeux olympiques modernes. Ils se tiennent au cœur de la gigantesque exposition universelle parisienne, qui accueille plus de 50 millions de visiteurs. Près de 1 000 athlètes représentant 24 nations et une vingtaine de disciplines sont, aux côtés de femmes qui participent pour la première fois aux compétitions, acclamés par le public parisien. L’équipe de France de rugby affronte l’Allemagne et le Royaume-Uni au vélodrome de Vincennes, devant 6 000 spectateurs. Gagnant leurs matchs, Henriquez de Zubiera et ses coéquipiers remportent la médaille d’or. Ce 28 octobre 1900, il devient le premier Afro-Caribéen champion olympique et cette victoire est aussi pour la France. Il gagne de surcroît une seconde médaille, de bronze cette fois, dans la discipline du tir à la corde en équipe. Son nom est désormais inscrit dans l’histoire du sport français.

De retour à Haïti dans les années 1950, il devient sénateur et s’engage dans la promotion du sport dans son pays. Il est à l’initiative de l’Union Sportive Haïtienne et, avec l’aide de son frère Alphonse, de la construction du Stade haïtien Sylvio-Cator, inauguré en 1953 et encore en service aujourd’hui.

Source : Champions de France

publié le 06/09/2016

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