La France en Haïti Ambassade de France à Port-au-Prince
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Hommage à la mémoire du Commandant Kieffer

L’Ambassade de France à Port-au-Prince et la section du Souvenir français en Haïti ont organisé le 11 novembre 2009 une double cérémonie de commémoration, que le Président de la République d’Haïti, M. René Préval, a bien voulu honorer de sa présence.

Comme tous les ans, il s’agissait en premier lieu de commémorer l’armistice qui, le 11 novembre 1918, avait mis fin à la Première guerre mondiale. Mais, à cette occasion, c’est aussi la mémoire du Commandant Philippe Kieffer, né à Port-au-Prince le 24 octobre 1899, qui a été célébrée : M. René Préval et l’une des filles de ce héros de la seconde guerre mondiale ont en effet dévoilé une plaque à sa mémoire devant l’hôtel Laroche, siège de l’Ambassade de France en Haïti, en présence des ambassadeurs d’Allemagne, du Canada, d’Espagne et des Etats-Unis.

Philippe Kieffer est connu pour avoir été le fondateur et le commandant du 1er bataillon de fusiliers-marins commandos, l’une des premières unités - et la seule unité française constituée - à avoir débarqué sur les plages de Normandie le 6 juin 1944. A la tête de ses hommes, il participa à la prise de Colleville avant de faire sa jonction avec les parachutistes britanniques à Pegasus Bridge. Après la campagne de Normandie, il combattit en Belgique et aux Pays-Bas, jusqu’à la libération de l’Europe. Compagnon de la libération, il est considéré comme le fondateur des “bérets verts” français. Le sixième commando marine français, fondé en 2008, porte d’ailleurs son nom.

On sait moins que Philippe Kieffer était également un fils d’Haïti, où il s’était marié et avait eu deux enfants. Cadre de banque, il aurait été un des directeurs de la BNRH. Il a en tous cas été l’un des premiers secrétaires de la Chambre de commerce et d’industrie franco-haïtienne et fut pendant plusieurs années conseiller au commerce extérieur de cette Ambassade.

Son fils Claude, né à Pétionville, s’était engagé dans la Résistance, à Paris, sans lui en avoir parlé. Il est mort à 21 ans, fusillé par la Gestapo. Son père l’apprit trois jours avant de défiler à la tête de ses troupes dans les rues de Paris libéré.

Philippe Kieffer n’est pas revenu en Haïti après la seconde guerre mondiale. Ses enfants rapportent néanmoins que jusqu’à sa mort, en 1962, il parlait le Français avec l’accent créole...

"Pour Philippe Kieffer", a notamment déclaré l’ambassadeur Didier Le Bret lors de l’allocution prononcée avant le dévoilement du monument à sa mémoire, "l’atavisme a sans doute compté autant que le patriotisme : en bon fils d’Haïti, première République Noire à avoir conquis de haute lutte son indépendance, il ne pouvait qu’aimer la liberté et refuser l’oppression. La France lui en est éternellement reconnaissante. La France est reconnaissante à Haïti d’avoir donné naissance à l’un de ceux qui ont sauvé son honneur.(…) Puisse son exemple nous rappeler ce que nos pays ont en partage : une même passion pour la liberté."

Plusieurs membres de la famille du commandant Philippe Kieffer, haïtiens et français, ont assisté à cette cérémonie - et notamment l’une de ses filles, Mme Maryse Kieffer-Gibbons, qui avait fait le déplacement depuis New York.

Enfin, les commandos de marine étaient représentés lors de cette cérémonie par le Commandant Le Barbier, actuel “pacha” du Ventôse, la frégate française qui avait participé à l’organisation des secours en Haïti après les ouragans de l’été 2008.

Plus d’informations sur notre album Flickr consacré à cet événément.


publié le 23 juillet 2013

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