La France en Haïti Ambassade de France à Port-au-Prince
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Géographie

1) Situation

a) Présentation générale

Au centre de la région Caraïbe, à égale distance de Miami, Panama, Trinité et Tobago, et séparée de Cuba par les 90 km du Canal du Vent, Haïti (l’île Hispaniola de Christophe Colomb) est la seconde île des Antilles en superficie, 77.253 km2 .

Sa partie occidentale (environ un tiers : 27.750 km2), occupée par la République d’Haïti, est séparée de la République Dominicaine par 375 km de frontière.

Deux presqu’îles d’inégale longueur constituent la majeure partie du territoire de la République d’Haïti. Entre les deux se situe le profond Golfe de la Gonave où se jette l’Artibonite, seul cours d’eau important de l’île. Celle-ci est baignée au nord par l’Océan Atlantique et au sud par la Mer des Caraïbes.

Plusieurs îles font partie de la République d’Haïti :

- île de la Tortue au nord,

- île de la Gonave (grande comme la Martinique),

- deux îles Cayemites, à l’est de Jérémie,

- île à Vache, en face des Cayes,

- île de la Navase, entre Haïti et la Jamaïque, objet de litige avec les Etats-Unis.

C’est une des terres les plus montagneuses des Caraïbes. Des chaînes ramifiées en éperons montagneux traversent l’île en partie calcaire et lui donnent sa physionomie tourmentée.

Le relief comprend :

- le massif du nord, où certains sommets atteignent 1.200 à 1.300 mètres,

- les mornes des Cahos, à l’est des Gonaîves, les montagnes noires, la chaîne des Matheux, les mornes du trou d’eau, avec des sommets de 1.200 à 1.500 mètres,

- au sud de Port-au-Prince, le massif de la Selle qui offre sur 100 km des sommets culminant à plus de 2.600 mètres,

- sur la presqu’île méridionale, une chaîne de montagnes au sud de Petit Goâve. En allant vers l’ouest, on trouve le Plateau de Rochelois et le Massif de la Hotte dont les sommets culminent à 2.347 mètres au Morne Macaya.

Plusieurs plaines (7.000 km2) occupent près du quart de la superficie de la République haïtienne : la plaine du nord, la plaine de l’Artibonite, la plaine du Cul de Sac entre l’Etang Saumâtre et Port-au-Prince, la plaine des Cayes, la plaine de Léogane, la plaine de l’Arbre. Elles sont malheureusement fortement érodées en raison de déboisements anarchiques.

Il existe dix rivières en Haïti susceptibles d’importantes variations saisonnières. L’artère fluviale principale du pays est l’Artibonite, qui s’étend pour les deux tiers en territoire haïtien sur 365 km de long, un tiers se trouvant en République Dominicaine. Le barrage de Peligre, construit sur ce fleuve, alimente Port-au-Prince en électricité. La végétation est très diverse, les zones tropicales voisinant avec les zones désertiques : manguiers, bananiers, caféiers, cacaoyers, canne à sucre, arbres à pain succèdent sans transition aux cactus candélabres ou aux épineux de style mexicain.

L’exploitation intensive de l’acajou, ainsi que la fabrication du charbon de bois sont les principaux responsables de l’appauvrissement dramatique de l’île qui, au 18ème siècle, était considérée comme la plus belle et la plus opulente des colonies françaises et où l’on trouvait encore, il y a une trentaine d’années, de riches plantations. Partout présent, pour faire cuire le repas familial mais aussi pour alimenter les boulangeries et les entreprises de nettoyage à sec, le charbon de bois reste l’unique combustible.

b) Liaisons avec la France

8.000 km séparent la France de Port-au-Prince. Les liaisons aériennes sont assurées par les compagnies Air France et Air Caraïbe, auxquelles s’adjoignent à certaines saison CorsairFly. Il n’existe pas de liaison maritime pour les passagers entre la France et Haïti.

Le fret peut être acheminé par avion cargo dans des conditions intéressantes ou bien par liaison maritime : Port-au-Prince-Le Havre (délai d’acheminement : deux mois).

2) Population

La population est le fruit d’unions entre différentes races : colonisateurs espagnols et français du 16ème au 18ème siècle, quelques centaines d’Indiens caraïbes (rescapés de l’extermination par les conquistadores lors de la découverte de l’île) et surtout Africains déportés des côtes de Guinée à partir de 1502, puis de toutes les côtes de l’Afrique. Elle est actuellement composée d’une majorité de noirs (95 %), d’une minorité de mulâtres (5 %) et de quelques milliers de blancs.

La population haïtienne est jeune : la moitié a moins de 20 ans. On relève une forte proportion d’analphabètes, touchant surtout les populations rurales et les femmes. Un programme d’alphabétisation en créole a été lancé en 1985 par l’église catholique. Estimée à environ 7 millions d’habitants, la population est essentiellement rurale .

Si la densité du pays est l’une des plus fortes d’Amérique Latine ( 261 ha/km2) et si la population semble répartie sur l’ensemble du territoire sans qu’il existe de véritables déserts humains, les densités varient selon les régions. Les zones rurales des plaines côtières, régions du nord-ouest, restent peu peuplées en raison de la faiblesse des pluviosités. Au cours des dernières années, le pays a connu un intense exode vers Port au Prince, et dans une moindre mesure Cap Haïtien (2ème ville du pays).

Une immigration massive est à l’origine de la population haïtienne : migration forcée d’au moins un million et demi d’Africains et migration volontaire de quelques centaines de milliers de Français et autres Européens.

Depuis l’indépendance, Haïti n’a connu qu’une immigration très faible. Par contre l’émigration atteint actuellement un niveau sans précédent. Elle est de trois types : celle des travailleurs agricoles vers les pays voisins (essentiellement la République Dominicaine), celle de certaines élites (Canada, Etats-Unis, France, plusieurs pays africains) et enfin la migration clandestine vers les grandes métropoles d’Amérique du Nord. C’est le phénomène des réfugiés de la mer que tentent d’endiguer les administrations américaines successives. Cette diaspora haïtienne concerne environ deux millions de personnes.

HAITI FRANCE
Population (en millions) 7,259 60
Densité (habitants au km²) 261 106
Accroissement naturel de la population 2 0,3
Indice de fécondité 4,79 1,6
Espérance de vie (en années) 54,4 78
Urbanisation (en %) 32,1 72,8

3) Climat

Températures janvier avril juillet octobre
Port-au-Prince 25 27 32 27
Pluviométrie janvier avril juillet octobre
Port-au-Prince 3 15 15 20
Hydrométrie janvier avril juillet octobre
Port-au-Prince 60 70 50 80

La répartition des pluies détermine seule les saisons. A Port-au-Prince, la saison sèche s’étend de novembre à mars, la saison des pluies, d’avril à octobre. Les précipitations ont surtout lieu la nuit en saison sèche et plutôt en fin d’après-midi en saison des pluies. Les mois de janvier et février sont toujours les mois les plus frais. Les couvertures et quelquefois les feux de cheminées sont nécessaires à cette époque dans les hauteurs (la Boule et la Montagne Noire par exemple) où le thermomètre peut descendre à moins de 10° C et, certains hivers, la gelée blanche fait une apparition. Les mois de juillet et août sont les plus chauds.

La pluviométrie varie avec le relief. Les moyennes sont indépendantes des cyclones qui éprouvent le plus souvent la partie méridionale du pays. Placée dans la zone de passage des cyclones tropicaux, Haïti est cependant moins exposée que la République Dominicaine car elle ne les reçoit pas de plein fouet.

Le cyclone "Georges" a fait, en 1998, plus de 100 morts et provoqué d’importants dégâts : 150 000 personnes ont été déclarées sinistrées majeures.

4) Villes principales

a) Port-au-Prince

La capitale, 2.500.000 habitants environ, regroupe les deux tiers de la population urbaine. Port au fond du golfe de la Gonave, la ville possède une des plus belles baies du monde. Ville de contrastes, où l’extrême pauvreté côtoie l’opulence. La vieille ville coloniale rectiligne aux bâtisses mal entretenues occupe les terrains les plus plats avec des cabanes de tôle ondulée d’aspect misérable. De somptueuses villas blanches aux bougainvilliers toujours en fleurs montent à l’assaut des montagnes jusqu’à plus de mille mètres au-dessus du niveau de la mer, cernées de plus en plus par des cahutes brinquebalantes nichées dans les pentes des ravines.

Ville chaude, animée et bruyante, à la circulation intense et pittoresque, où les enfants en uniforme bien net envahissent la chaussée à l’heure de se rendre à l’école, où les marchandes portent sur la tête les échafaudages les plus extravagants, où les "cadillac" de service côtoient des chars à bras, des chèvres et des chiens maigres. Port-au-Prince concentre la majeure partie de l’activité économique du pays : cimenterie, aciérie, ainsi que les nombreux ateliers artisanaux. Son aéroport a été modernisé, mais reste précaire. Les installations portuaires sont vétustes.

b) Cap-Haitien

(Cap-Français avant l’Indépendance), chef-lieu du département du nord, est la seconde ville du pays par sa taille et son importance économique (environ 400.000 habitants). Port naturellement protégé par des récifs, la ville a connu ses heures de gloire aux XVIIIème et XIXème siècles. Elle dispose d’un centre historique à l’architecture particulièrement originale. Son climat a deux saisons, inversées par rapport au reste du pays : saison des pluies entre septembre et juin, brève saison sèche en juillet/août.

c) Autres villes

- Les Cayes et Jacmel sur la côte sud ;

- Jérémie, au sud du golfe de la Gonave ;

- Port-de-Paix sur la côte nord ouest, en face de l’ïle de la Tortue.

Mise-à-jour : septembre 2009

Voir aussi

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