Favoriser le développement durable grâce au vétiver !

Améliorer les revenus des producteurs locaux tout en préservant les ressources naturelles : telle est l’ambition d’un projet de développement des filières cacao et vétiver dans le département du Sud. ce projet est soutenu par l’Agence française de Développement et trois autres acteurs majeurs.

Le vétiver, porteur de développement économique

Haïti est le premier pays exportateur mondial de vétiver. Le vétiver, une plante aromatique qui vous est peut-être inconnue mais dont l’huile est un ingrédient commun à de nombreux parfums.

En Haïti, c’est le département du Sud qui est particulièrement réputé pour sa culture de la plante qui pousse pratiquement partout.

De nombreux agriculteurs locaux comptent ainsi sur cette culture pour en tirer une source de revenu : le vétiver revêt une importance économique capitale pour le pays.

Développer la culture du vétiver... de manière durable !

La production haïtienne de vétiver cristallise des enjeux forts : en plus de satisfaire 40 % de la demande mondiale, elle est l’une des seules cultures du département du Sud ayant résisté à l’ouragan Matthew en octobre 2016 .

À la suite du passage de l’ouragan, les récoltes réalisées dans le but de compenser les pertes de revenus ont malheureusement participé à une dégradation accélérée des sols, engendrée par le déracinement précipité de la plante.

Et le cacao, une filière d’avenir pour Haïti ?

Le cacao haïtien n’est pas en reste et constitue un enjeu socio-économique et environnemental de taille en Haïti.

Il souffre cependant d’un certain paradoxe : bien que reconnu comme l’un des meilleurs au monde, sa filière est quant à elle méconnue par les chocolatiers internationaux et largement sous-exploitée en Haïti.

Alors même que dans les pays voisins la production de cacao peut monter jusqu’à 3000 kilos par hectare, elle ne dépasse pas les 250 kilos à l’hectare en Haïti. La production annuelle atteint quant à elle péniblement les cinq tonnes.

Le potentiel non-exploité est considérable mais la filière ne bénéficie pas d’un accompagnement suffisant des autorités nationales pour améliorer la productivité.

Outre son potentiel économique, le cacao peut également jouer un rôle relativement important dans la sécurité alimentaire, la réduction de l’érosion, la fertilité, la biodiversité et la séquestration de carbone.

Une approche intégrée qui vient compléter les projets en cours

Afin de dynamiser les filières cacao et vétiver dans le département du Sud, l’AFD soutient un projet de protection des bassins versants.

Un programme complémentaire d’un projet financé par l’AFD et l’Union européenne dédié aux filières vivrières de la plaine des Cayes, dans le même bassin versant.

En combinant appuis en agroforesterie, aménagements hydrauliques et renforcement organisationnel, ce nouveau programme vise à améliorer le revenu des producteurs tout en contribuant à la préservation des ressources (sols, couvert forestier, eau…) jusque dans les plaines.

Le projet poursuit trois objectifs :

  • le lancement et la structuration de la filière cacaoyère ;
  • l’amélioration des pratiques agricoles dans la filière vétiver ;
  • le renforcement des acteurs dans l’aménagement des bassins versants et la mise en place de pratiques agro-écologiques.

Quatre partenaires financiers pour un programme commun...

Le programme sera mis en œuvre sur 4 ans pour un total de 7,5 millions d’euros et réunit quatre partenaires :

  • le Fonds français pour l’environnement mondial - FFEM (à hauteur de 2 millions d’euros) ;
  • l’AFD (1,5 million d’euros) ;
  • le Fonds pour l’environnement mondial (GEF) ;
  • la Norvège.

...qui associe également la société civile

Quant à la mise en œuvre du projet, elle sera assurée par les ONG Agronomes et vétérinaires sans frontières (AVSF) et SOS Enfants sans frontières , les coopératives de production locale et le Programmes des Nations Unies pour l’environnement (PNUD).

Ensemble, ces acteurs contribueront à faire émerger des modes de gestion plus durables de la culture du vétiver.

Contact : Tania Désir desirt@afd.fr

publié le 16/02/2017

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