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Economie

Avec un PIB par habitant estimé à 480$ alors que les deux tiers de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté (moins de 2 $/jour/personne, 50 % de la population survivant même avec moins de 1 $/jour) et que 1% de la population détient 50% de la richesse du pays, Haïti est le seul Pays Moins Avancé des Amériques.

En dépit de l’aide internationale considérable qui avait suivi le retour du Président Aristide en 2000, l’économie de Haïti était entrée en récession en 2001 avec une dégradation des indicateurs économiques (croissance, ressources fiscales, déficit, inflation, chute de la gourde par rapport au dollar) ainsi que ceux concernant le développement humain (eau, assainissement, santé, éducation).

Aujourd’hui, les institutions financières internationales dressent un bilan honorable des réformes structurelles effectuées par le gouvernement de transition, avec notamment la restauration des principes de gestion budgétaire, la fermeture de nombreux comptes discrétionnaires ministériels ou encore l’audit d’entreprises publiques.

Début 2005, le paiement des arriérés dus à la Banque Intéraméricaine de Développement en 2003, puis en janvier 2005 et l’apurement des arriérés dus à la Banque mondiale suivi d’un programme post-conflit du Fonds Monétaire International, ont enfin permis la réinsertion du pays au sein de la communauté financière internationale. La Banque Mondiale a accordé un soutien à la gouvernance et une aide exceptionnelle à hauteur de 137 M$ pour 2005-2006 et de 61 M$ pour 2006-2007 et la BID, acteur majeur, a approuvé en mars 2005 une stratégie intérimaire pour 2005-2006 prévoyant 280 M$ d’engagements nouveaux, s’ajoutant ainsi au portefeuille déjà existant de 400 M$ d’Haïti.

La Banque Mondiale et le FMI ont annoncé, les 20 et 21 novembre 2006, qu’Haïti avait atteint le point de décision de l’initiative PPTE et que le pays allait bénéficier de l’octroi par le FMI d’une Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (prêt de 109,5 M$ sur 3 ans). C’est également dans ce cadre qu’Haïti a bénéficié de la part des créanciers du Club de Paris de l’annulation immédiate de 7 M$ de dettes dans le cadre de l’accord conclu le 12 décembre 2006.

Le gouvernement de transition a élaboré, avec le concours des bailleurs de fonds, un Cadre de Coopération Intérimaire (CCI). Le succès de la Conférence de Washington, en juillet 2004, s’est traduit par l’annonce de plus d’un milliard de dollars de dons et prêts de la part des partenaires bilatéraux et multilatéraux d’Haiti.

4 axes stratégiques ont été identifiés :
- assurer une meilleure gouvernance politique et promouvoir le dialogue national,
- renforcer la gouvernance économique et contribuer au développement institutionnel,
- favoriser la relance économique,
- méliorer l’accès aux services de base.

La France a pris l’initiative d’organiser la Conférence de Cayenne, en mars 2005, afin d’accélérer l’arrivée de l’aide, de mieux la coordonner et d’identifier des projets susceptibles d’être engagés immédiatement et de bénéficier aux populations. 380 projets ont été identifiés pour un montant global supérieur à 780 M€. Cet exercice a été suivi le 17 juin 2005 d’une réunion des Hauts fonctionnaires à Montréal puis d’une conférence des bailleurs de fonds à Bruxelles les 20 et 21 octobre 2005 qui a notamment permis le déblocage de la partie de l’aide de l’Union européenne encore gelée (72 M€ du 9ème Fed).

La réunion ministérielle à haut niveau sur Haïti, qui s’est tenue le 23 mai 2006 à Brasilia, a permis de faire le point sur la situation macro-économique du pays et sur la coopération internationale dans le cadre du CCI.

La CIDES (« Conférence Internationale pour le Développement Economique et Social d’Haïti ») du 25 juillet 2006, à Port-au-Prince, a été l’occasion pour le nouveau gouvernement haïtien de présenter et de s’approprier une stratégie de développement économique et social. Son plan de développement quinquennal (coût de 7,1 Mds$ pour 2006-2011) met l’accent notamment sur la nécessité de projets d’infrastructures et de travaux publics (construction de réseaux routiers, projet d’électrification) mais également sur un important chantier « justice et sécurité » estimé à 1,5 Mds$. Les différents bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux se sont engagés à hauteur de 750 M$ (juillet 2006 à septembre 2007) afin de répondre aux priorités que le gouvernement haïtien s’est fixé en particulier dans la mise en œuvre de son Programme d’apaisement social.

La dernière conférence des bailleurs de fonds qui s’est tenue à Madrid le 30 novembre, a été l’occasion pour le gouvernement haïtien de faire un bilan des progrès réalisés depuis la conférence de Port-au-Prince. Tout en soulignant les acquis (processus électoral, mise en place du Parlement, stabilisation de l’économie, reformes en cours pour la police et la justice,...), les participants se sont accordés sur l’importance pour les autorités haïtiennes d’élaborer une véritable stratégie en matière de gouvernance et de mobiliser l’assistance technique en faisant notamment appel à la diaspora. La responsabilité mutuelle d’Haïti et de la communauté internationale dans l’amélioration de l’efficacité de l’aide en conformité avec les principes de la Déclaration de Paris de mars 2005 a été reconnue.

Mise à jour : 11.04.07

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