Aménagement territorial de la région des Palmes

L’atelier de réflexion organisé par le CIAT et les ateliers de Cergy en partenariat avec l’AFD s’est achevé par une conférence à laquelle participaient notamment l’Ambassadeur de France et M. Pierre-André Périssol, maire de Moulins et ancien ministre délégué au logement.

Organisé par le Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire (CIAT) et les Ateliers internationaux de maîtrise d’œuvre urbaine de Cergy-Pontoise, en partenariat avec l’Agence française de Développement (AFD) et l’Union européenne, un atelier de réflexion consacré à la problématique territoriale de la Région des Palmes a eu lieu du 27 février au 11 mars dans les villes de Gressier, de Léogâne, de Grand-Goâve et de Petit-Goâve. Il a réuni des spécialistes haïtiens et étrangers de tous horizons qui ont pu cerner les différentes facettes du projet territorial des Palmes.

La synthèse de cet atelier a été présentée au public et à la presse lors d’une conférence qui s’est tenue le 12 mars à la fondation FOKAL. Y participaient notamment Mme Michèle Oriol, la secrétaire exécutif du CIAT, des représentants de la Communauté des Municipalités de la Région des Palmes, l’ambassadeur de France en Haïti, Mme Elisabeth Beton Delègue, ainsi que l’ancien ministre délégué auprès du ministre de l’équipement, du logement, des transports et du tourisme, chargé du logement et actuel Président des Ateliers de l’agglomération Cergy-Pontoise, M. Pierre André Périssol.

En raison de sa localisation, de sa géographie, et de ses activités, la région des Palmes illustre les enjeux du développement en Haïti. Sa proximité avec la capitale la place dans le contexte de la métropolisation de Port-au-Prince. Elle accélère et catalyse les changements en cours. Dans la Région des Palmes, le rapport « villes-campagnes » s’organise selon deux échelles géographiques :

1- Au sein de la Région des Palmes, les mornes sont dans un rapport de dépendance vis-à-vis de la plaine littorale pour les services, le marché de l’emploi. Mais, la plaine littorale subit l’exode rural et est fortement impactée par les conséquences de la mauvaise gestion environnementale des hauteurs.

2- Au sein de l’aire métropolitaine, la région est une campagne périphérique de la capitale. Elle est extrêmement dépendante du centre urbain pour ce qui est de l’accès aux services supérieurs et au marché de l’emploi mais elle subit l’expansion urbaine informelle et anarchique de la capitale. Ainsi, ce rapport « villes-campagnes » ne se traduit pas par une dichotomie spatiale simple et univoque mais par un jeu d’interrelations complexes à différentes échelles.

Aujourd’hui, l’hypothèse dominante dans l’aménagement du territoire est de réguler un phénomène jugé inexorable, celui de l’exode rural. La « ville » est considérée seule comme horizon désirable. L’hypothèse proposée dans le cadre de l’Atelier était de renverser ce paradigme en considérant que les « campagnes » comme les « villes » peuvent être un horizon désirable et le lieu d’un développement humain intégral. Et ce, afin d’identifier les leviers de plus grandes solidarités et complémentarités territoriale entre plaine littorale et mornes, d’une part, capitale porto-princienne et périphérie des Palmes, d’autre part.

L’Ambassadeur de France en Haïti s’est félicitée de « cette démarche méthodologique innovante portée par des urbanistes français
qui allie réflexion collective, pluridisciplinarité et travail multiculturel. Une vingtaine de jeunes professionnels du monde entier se sont penchés ces derniers jours sur l’avenir du territoire des Palmes, qui est exemplaire à plus d’un titre. Les résultats de cet atelier doivent servir de base à un dialogue haïtien. Certaines idées seront à prendre ; d’autres à laisser. Mais cette approche, qui s’inscrit dans la logique d’appui de la France à l’aménagement du territoire haïtien à travers l’AFD et la coopération décentralisée, aura permis d’envisager la problématique territoriale haïtienne sous un autre angle ».

M. Pierre André Périssol a, pour sa part, déclaré que « l’objectif de cet atelier était de porter un regard différent sur la problématique territoriale de la région des Palmes, non seulement technique mais surtout pluridisciplinaire, avec des géographes, des architectes, des paysagistes etc. Grâce à ce travail d’équipe, les décideurs haïtiens auront désormais à leur disposition une boîte à idée dont ils pourront s’aider pour choisir leurs futurs programmes de développement territorial, que ces programmes concernent les Palmes ou d’autres régions du pays ».

publié le 10/08/2016

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