Monsieur le Conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger,
Mesdames et Messieurs,
Mes chers compatriotes,
En ce jour de deuil national, je souhaite, en votre nom à tous, dire aux familles et aux proches de nos compatriotes décédés le 12 janvier dernier que nous ne les oublions pas.
En ce jour de deuil national, nous pleurons, comme des millions d’Haïtiens, nos morts : 34 de nos compatriotes ont péri au cours du séisme.
En ce jour de deuil national, souvenons-nous également que beaucoup de nos amis haïtiens n’ont pu retrouver les corps de leurs défunts. Le 12 janvier 2010, ils ont été ainsi doublement frappés. Ils sont aujourd’hui, un an plus tard, deux fois orphelins. Orphelins des êtres qu’ils chérissaient par-dessus tout. Privés également et si cruellement de lieu de sépulture, de mémoire, de souvenir.
Nos compatriotes disparus ont tous été retrouvés et inhumés.
En ce jour de deuil national, ils sont pleurés par leurs familles et leurs proches. Nous leur rendons hommage aujourd’hui, dans la peine et le recueillement.
Beaucoup d’entre vous les ont connus personnellement. Nous avons appris l’existence de certains d’entre eux le jour du séisme. Ils avaient tous en commun une passion : être au service d’Haïti, pays qu’ils avaient choisi d’aimer, d’entourer de leurs soins et en qui ils croyaient.
En ce jour de deuil national, je veux rendre hommage aux personnels français de la Minustah, civils, policiers, gendarmes : Lionel AMAR et Laurent LE BRIERO, respectivement sous-officier et officier de gendarmerie ; Marc PLUM, Magistrat, ancien collègue, qui était également un ami ; Simone TRUDO, détachée aux ressources humaines de la Minustah ; Gérard LE CHEVALLIER, spécialiste des questions politiques, proche collaborateur du représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies ; Mamadou BAH, au service de la communication.
Nos compatriotes de la Minustah ont péri dans l’exercice de leurs fonctions. Ils préparaient l’avenir du pays, sa stabilisation. Ils travaillaient sans relâche à la préparation des élections.
Je veux rendre hommage également à la communauté religieuse française qui a payé un lourd tribut : les Frères de l’Instruction chrétienne, Dominique BARON et Joseph BERGOT, ainsi que Sœur Marie-Françoise TRENCIA, plus connue sous le nom de sœur Christine.
Je veux rendre hommage également à de jeunes Français engagés dans l’action au service du développement, de passage, pour certains d’entre eux, comme Chrystel CANCEL, pour d’autres, qui avaient fait le choix de s’installer pour accompagner dans la durée leurs partenaires haïtiens : Jean-Christophe FERNANDES, volontaire du Progrès, que j’avais rencontré quelques jours avant le séisme et dont l’enthousiasme et le dévouement m’avaient frappé ; Marie-Cécile DUMONTIER, missionnaire laïque, qui avait également mis sa vie au service des autres ; Jean-Vladimir FRANCILLON, comptable.
Je veux rendre hommage également aux Français installés en Haïti ou d’origine haïtienne et qui ont trouvé la mort sur cette terre qu’ils aimaient tant.
Je pense à Claire CHRETIEN, responsable commerciale, à Françoise TURNIER, esthéticienne, à Olivia BOUILLÉ, modéliste, à Rudy BENNETT, chef d’entreprise, à Wiquain CHARLES, chauffeur, à Pierre VERNET, doyen de la Faculté, à Nicolas CORNET, Organisateur évènementiel au Montana, à Sarah LAUTURE, employée au Montana, à Dominique RICHEZ, gestionnaire du cercle Bellevue.
Je veux rendre hommage également aux Français qui croyaient au développement économique d’Haïti, et qui, pionniers dans leur secteur, travaillaient sur des projets de construction, des ponts plus précisément, pour relier les hommes et les femmes de ce pays, pour les sortir de l’enclavement : Jean-Marc LE HIR, ingénieur, ainsi que deux des ingénieurs de l’entreprise Matière qui nous ont quitté le 12 janvier dernier, M. Serge LESTRADE, M. Nabil NEGHACHE.
Je veux rendre hommage également au corps enseignant français qui a eu à déplorer la perte de l’un des siens, le Professeur de mathématiques, M. Larbi LAFKIH, dont j’ai pu mesurer auprès de ses élèves et de ses collègues combien il aimait ce pays et combien il nous manque aujourd’hui.
Je veux rendre hommage enfin aux plus jeunes des victimes de la communauté française en Haïti, les enfants de nos compatriotes.
Je pense à Ewan et Baptiste WYLLIE et à leur maman, à Zenzie et Kofie-Jade REJOUIS et à leur maman, qui ont également péri durant le séisme.
Je pense enfin à la petite Elouane FAUCHEUX, qui était la fille de l’un de mes plus proches collaborateurs, Benoît, et qui a disparu tragiquement avec sa grand-mère, Mme Maud LEFUR.
A travers cet hommage, nous disons à tous nos compatriotes endeuillés : nous ne vous oublions pas, nous ne vous oublierons jamais.
Ces épreuves nous ont rendu plus forts, plus solidaires, plus conscients que jamais de la fragilité de nos vies, elles nous ont enseigné également que l’engagement avait un prix. Ce prix, 34 de nos compatriotes l’ont payé de leur vie.
Je vous remercie.
