La France en Haïti Ambassade de France à Port-au-Prince
fontsizeup fontsizedown

 français  
Accueil » L’Ambassade de France en Haïti » L’Ambassadeur » Discours et interventions de l’ambassadeur

Allocution à l’occasion de la remise officielle de quatre tonnes d’équipements à la Police nationale haïtienne (Port-au-Prince, 24 novembre 2009)

Monsieur le Directeur Général,

Monsieur le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général,

Monsieur l’Ambassadeur du Brésil,

Mon Général,

Monsieur le Conseiller diplomatique du Directeur Général de la Gendarmerie,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Le 18 septembre dernier, les ministres des affaires étrangères français et brésilien, MM. Bernard Kouchner et Celso Amorim, effectuaient une visite conjointe en Haïti. Cette visite fai-sait suite à une demande des Présidents Sarkozy et Lula Da Silva de voir leurs pays s’engager ensemble dans des coopéra-tions conjointes en pays tiers.

Parmi les toutes premières applications de cette coopération d’un genre nouveau, Haïti avait été retenu par les deux chefs d’Etat. Leur rencontre au Brésil, le 6 septembre, qui coïncidait avec l’inauguration de l’année de la France au Brésil, a donc été suivie moins de deux semaines plus tard par la visite en Haïti des chefs des diplomaties brésilienne et française.

J’ai eu la chance, bien que n’étant pas encore accrédité, de pouvoir participer à cette visite, insolite à bien des égards.

Mais il y avait également de bonnes raisons à ce que la France et le Brésil décident d’unir leurs forces en Haïti.

La France, pour des raisons connues de tous, a un lien particulier avec Haïti : une histoire commune, une langue en partage, un héritage à assumer, des communautés dans chacun de nos pays, une volonté de demeurer ensemble dans les épreuves qu’elles soient humaines ou naturelles…

Le Brésil s’est engagé plus récemment dans ce pays. D’abord, par sa contribution à la paix. Depuis sa création en 2004, la Minustah est sous commandement brésilien. Avec plus de 1200 hommes, le contingent brésilien est de loin le plus im-portant. L’engagement du Brésil dans la reconstruction d’Haïti est également remarquable. L’expérience de ce grand pays émergent, le capital de sympathie dont il bénéficie, en font un partenaire de premier plan d’Haïti.

Au-delà, c’est également une vision partagée des relations internationales et du développement qui unit la France et le Brésil : un partenariat orienté vers la résolution concrète des pro-blèmes globaux. Et la lutte contre la pauvreté est bien au cœur des principaux défis du 21ème siècle.

Lors de leur visite en Haïti, les ministres Kouchner et Amorim ont souhaité unir leurs efforts dans deux directions : la santé et la sécurité. Ils ont lancé ensemble un projet de banque de lait maternel. Ils ont également pris l’engagement de répondre à une demande pressante des autorités haïtiennes, relayées par la Minustah, d’équiper les dernières promotions de la Police Na-tionale.

Lors de cette même visite, le Président Préval a confirmé aux ministres l’importance qu’il attachait à cette action. Le soutien conjoint et résolu du Brésil et de la France à la Minustah, à laquelle je souhaite rendre hommage, en présence de Luiz Carlos Da Costa, nous désignaient de manière presque naturelle pour répondre en temps réel à cette demande.

La cérémonie de remise de matériels qui nous réunit aujourd’hui montre que nous n’avons pas perdu de temps. En moins de deux mois, les matériels ont pu être livrés. Les armes livrés aujourd’hui, pour un montant de plus de 3 millions de gourdes, soit 1 200 pistolets automatiques et 60 000 cartouches, ont été offertes par la Direction générale de la gendarme-rie nationale française. Elles ont été acheminées par les forces armées françaises.

Je tiens à remercier ici en notre nom à tous le général de Division Jean-Yves Saffray, dont la présence parmi nous, aux côtés de M. Jacques-Henry Heuls, conseiller diplomatique du Directeur général, témoignent de l’importance que nous ac-cordons à la coopération avec Haïti.

Cette coopération s’inscrit dans le cadre de notre soutien à la police haïtienne, qui est une composante majeure de nos interventions dans le cadre de la stabilisation du pays, du renforcement de ses institutions et de la consolidation de l’Etat de droit.

La France a signé en décembre 2008 une convention de finan-cement qui nous engage à hauteur d’un million d’euros sur une période de trois ans. Cette coopération devrait permettre à la PNH, et notamment à la DCPJ d’acquérir des techniques modernes d’investigations et d’améliorer son service de police technique et scientifique. Elle permettra également de réaliser un important programme d’actions de formations techniques et opérationnelles ainsi que la mise à disposition d’équipements professionnels informatiques modernes. Je pense notamment à l’implantation d’un réseau de communication informatisé devant permettre d’améliorer la coordination des unités, et d’accroître à la fois leur capacité de réaction et l’efficacité de leur action.

Permettez-moi, Monsieur le Directeur Général, de souligner également, pour m’en réjouir, la spécificité de notre dispositif de coopération. La France est toujours le seul pays d’Europe à disposer d’une présence policière constante en Haïti au travers de la délégation du SCTIP. Cette permanence dans nos relations policières est un atout majeur. Elle créée indéniablement une rela-tion de confiance, elle facilite la coopération opérationnelle, elle assure enfin la bonne exécution de nos projets dans un es-prit de partenariat.

En conclusion, Monsieur le Directeur Général, je souhaite vous redire l’engagement de la France à vos côtés pour relever le défi de la sécurité, et partant, du développement de votre pays. Un sondage récent faisait état d’une adhésion nouvelle de l’opinion haïtienne envers ses forces de sécurité : deux ci-toyens sur trois disent avoir confiance dans leurs forces de police. C’est peut-être un fait sans précédent dans l’histoire de ce pays.

C’est un acquis qu’il convenait de contribuer à consolider. Cette contribution de la France sera suivie d’une contribution du Brésil. L’engagement a été pris par nos autorités politiques.

Je forme le vœu que d’autres pays amis d’Haïti rejoignent rapidement la France et le Brésil dans ce partenariat.

Je vous remercie.

Sites utiles :

Facebook Twitter Google+ Foursquare Youtube Dailymotion Flickr RSS