Agressions et enlèvements

La situation sécuritaire s’est améliorée en Haïti mais la violence criminelle se maintient à un niveau élevé.

1. Précautions à prendre

Les Français qui résident en Haïti sont invités à continuer de respecter quelques règles simples :

-  rester toujours attentif à son environnement immédiat, même dans les quartiers et les zones présentés comme sûrs.

En Haïti, les agressions et les enlèvements récents visant des ressortissants français ont principalement lieu dans des quartiers résidentiels, notamment au domicile (ou aux abords du domicile) des victimes, ainsi qu’à la sortie des restaurants et autres établissements nocturnes.

-  manier avec précaution ses moyens de paiement. Il est, bien sûr, dangereux de porter sur soi de trop grosses sommes d’argent liquide (et a fortiori de sortir de grosses liasses de ses poches à chaque achat) mais, à l’inverse, il est recommandé de ne pas être non plus totalement désargenté : en cas d’agression, la déception du malfaiteur risquerait alors de se retourner contre la victime. Il convient également d’être prudent lors des retraits dans les agences bancaires.

-  le recours à des agents de change en pleine rue est déconseillé ;

-  fréquenter les casinos est vivement déconseillé ;

-  d’une manière générale, observer la plus grande discrétion possible, ne pas exhiber de signes extérieurs de richesse et s’abstenir de tout comportement provoquant ou arrogant ;

-  limiter les déplacements nocturnes. Dans tous les cas, il convient d’éviter de se déplacer seul le soir ;

-  proscrire tout déplacement inter-urbain par la route la nuit  ;

-  en voiture, verrouiller systématiquement les portières et fermer les fenêtres du véhicule emprunté, quelle que soit la durée du trajet ;

-  éviter le stationnement dans les endroits isolés ou non gardés et, dans tous les cas, s’assurer de l’environnement du véhicule avant d’en descendre ou d’y monter ;

De l’été 2010 à la fin 2012, plusieurs de nos compatriotes ont été agressés juste après leur arrivée à l’aéroport de Port-au-Prince, dans le véhicule qui les conduisait vers leur hôtel ou leur domicile. Les opérations se déroulent généralement comme suit : deux hommes armés profitent du premier point d’arrêt du véhicule (feu rouge, embouteillage...) pour se faire remettre le bagage à main et/ou le portefeuille de ses passagers, avant de s’enfuir sur une moto conduite par un troisième complice. Cette bande qui cible plutôt les voyageurs d’origine haïtienne n’hésite pas à faire usage de ses armes lorsque la victime tente de résister. Il convient donc de faire preuve de vigilance sur ce trajet particulier.

-  si vous vous garez dans la rue et acceptez de laisser votre véhicule sous la surveillance d’un gardien informel, ne traitez qu’avec une seule personne à la fois et ne payez cette prestation qu’une fois revenu dans votre véhicule, portes verrouillées et fenêtre seulement entrouverte.

Plusieurs ressortissants français ont été enlevés, ces dernières années, à la sortie de lieux publics ou de soirées privées. Les malfaiteurs attendaient leurs victimes à proximité de leur moyen de transport.

-  ne jamais laisser d’objet de valeur visibles dans un véhicule, que celui-ci soit en mouvement ou à l’arrêt ;

-  la nuit (même en tout début de soirée), ne jamais rester (même accompagné, même pour quelques minutes) dans un véhicule stationné dans la rue ou au bord d’une route ;

-  autant que possible, changer régulièrement d’itinéraire et ne pas prendre d’habitude ;

-  utiliser avec prudence les transports en commun (« tap tap », taxi informel…). Ne pas les emprunter dans les quartiers les plus populaires. Dans tous les cas, éviter de les utiliser après la tombée de la nuit. Même de jour, il convient de ne jamais en être le seul passager ;

-  ne pas se rendre dans les quartiers les plus populaires sans l’accompagnement de référents ou de partenaires locaux parfaitement intégrés à la zone visitée. Dans tous les cas, ne pas s’y rendre la nuit ;

-  faire preuve d’encore plus de prudence pendant les périodes de vacances, dans les semaines qui précèdent les fêtes de fin d’année et surtout lors du Carnaval. Les taux de criminalité progressent en effet généralement à ces époques de l’année.

2. En cas d’agression

-  ne pas résister. Ne pas provoquer les agresseurs. Ne pas s’agripper à son sac, sa sacoche ;

-  garder ses mains en évidence (notamment au volant). Eviter les mouvements brusques ;

-  en cas d’agression à l’arme à feu alors que vous êtes au volant, ne tentez pas de fuir en accélérant ou en démarrant en trombe : votre voiture ira toujours moins vite que les balles de vos agresseurs. Le dernier ressortissant français à s’y être essayé, au printemps 2011, a essuyé cinq coups de feu avant de percuter un autre véhicule ;

-  si vous avez été victime d’une agression, ou si vous avez connaissance d’une agression contre un citoyen français, contactez l’Ambassade.

3. En cas d’enlèvement

Ni l’ambassade de France, ni le gouvernement français ne négocient avec des ravisseurs. N’hésitez toutefois pas à contacter l’Ambassade : elle pourra vous apporter tous les conseils sur la conduite à tenir et, si vous le souhaitez, vous mettre en rapport avec les services spécialisés.

-  ne pas résister. Ne pas provoquer les agresseurs ;

-  ne pas se montrer trop prolixe sur ses moyens financiers ou ceux de ses proches. Ne s’exprimer qu’en gourdes ;

-  pour les négociations, donner un numéro en Haïti (et non pas en France) d’une personne fiable et de confiance pouvant expliquer clairement la situation aux autorités et à l’ambassade. Ne pas chercher à négocier soi-même sa propre libération  ;

-  si vous avez été victime d’un enlèvement, ou si vous avez connaissance de l’enlèvement d’un citoyen européen, contactez l’ambassade dans les meilleurs délais.

publié le 10/08/2016

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