Achat de production locale et aide alimentaire

La France développe depuis 2005 une approche innovante : soutenir la production locale en reversant au Programme alimentaire mondial (PAM) des céréales qu’elle achète sur le marché haïtien.
JPEG

Contexte du projet

En Haïti, environ 2,4 millions de personnes sont en insécurité alimentaire dont 600 000 en insécurité sévère [1].

Cette situation s’explique par des difficultés structurelles, une crise économique du secteur et l’abaissement des tarifs douaniers à la fin des années 80 qui a placé les agriculteurs haïtiens en concurrence directe avec leurs voisins nord-américains.

Objectifs du projet

  • Améliorer la sécurité alimentaire à travers la relance de la production agricole locale.

Mise en œuvre

La France, dans le cadre de sa politique multilatérale, donne chaque année au PAM (lien Internet) de l’aide alimentaire, autrement dit des aliments de première nécessité.
En Haïti, au lieu d’importer les céréales qui seront données au PAM, la France a choisi d’acheter celles-ci à des producteurs haïtiens.

1- L’achat de céréales auprès de groupements de petits producteurs

Ces céréales (riz et maïs moulu) sont achetées auprès de 4 associations paysannes du Nord puis distribuées directement au PAM. 

JPEG

Elles contribuent à fournir un repas chaud journalier à des enfants durant toute l’année scolaire à travers le Programme national des cantines scolaires (PNCS).

13,9 millions d’euros ont été accordés par la France depuis 2005 pour ses programmes d’achats locaux en Haïti. Ces crédits ont permis d’acheter auprès de 19 000 petits producteurs haïtiens 11 960 tonnes de produits locaux, soit 9 140 tonnes de riz et 2 820 tonnes de maïs moulu dont 98% ont été distribués au PAM. 
Le reste du financement a servi pour proposer un soutien aux petits producteurs.

2- L’accompagnement des petits producteurs et la relance de la production agricole

Dans le cadre de cette politique d’achats locaux, la France soutient directement les organisations de producteurs afin de les aider à se structurer et à répondre à la demande du marché.

JPEG

Elle finance :

  • des formations (20 journées) pour améliorer la qualité des productions, les conditions de stockages et pour renforcer la gestion comptable et financière des organisations paysannes (en partenariat avec la Banque interaméricaine de développement) ;
  • la modernisation de leurs équipements (entrepôts, glacis de séchage, achat de moulins motorisés,…).

[1OCHA, 2014

publié le 21/04/2014

haut de la page